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Retranscription intervention Tarik HADDI plateau TV CGEM

UNIVERSITE D’ETE CGEM 13-14 SEPTEMBRE 2019

Retranscription intervention Tarik HADDI plateau TV CGEM

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I/ PRESENTATION :

 

Azur Partners :

  1. Société de gestion de fonds d’investissement marocaine indépendante
  2. Orientée capital risque
  3. Fonds à impact qui visent la maximisation de valeur pour l’ensemble des parties prenantes des projets financés: actionnaires, promoteurs, salariés, l’écosystème industriel du projet, la collectivité à travers les contributions fiscales mais également à travers les meileures pratiques en matière de gouvernance et la Responsabilité Environnemental et Social de l’entreprise
  4. La performance que nous visons est une performance globale (et non pas spécifique aux actionnaires)
  5. Fonds gérés : Fonds dans l’agriculture, l’agroalimentaire et nous structurons actuellement le plus grand fonds d’amorçage de l’histoire du Maroc destiné aux entreprises innovantes dans les activités du futur avec la mobilisation d’importantes ressources auprès des investisseurs internationaux
  6. Tarik HADDI est également administrateur au sein de l’AMIC, président de la Commission Amorçage de l’AMIC et Co-président de la Commission Mixte AMIC CGEM pour la startup

II/ PREAMBULE

Les activités économiques telles que nous les connaissons encore aujourd’hui au Maroc sont en passe d’être « disruptées » partout dans le monde par les applications des nouvelles technologies:

1.      l’agritech bouleverse l’agriculture en combinant la big data, les objets connectés et l’IA

2.      dès que la 5G sera déployée, l’industrie telle qu’on la connaît aujourd’hui au Maroc sera remplacée par l’industrie 4.0 qui va combiner Big data, IA, internet des objets, réalité augmentée et impression 3D

3.      le commerce a été révolutionné par les plateformes comme Amazon (chacun d’entre nous peut ouvrir un compte à Amazon, avoir son identifiant, acheter des biens et services ou les fabriquer dans une usine 4.0 les stocker chez Amazon les vendre sur la market place, éditer des factures, recevoir ses règlements sur son compte bancaire et cela dans la transparence et avec la traçabilité la plus totale)

4.      le transport et la logistique par les véhicules autonomes

5.      la finance sera métamorphosée par la blockchain

6.      et Même l’humain sera augmenté par l’apport la combinaison homme machine (transhumanisme)

Bref l’avenir sera fait de disruptions majeures qui vont rendre caduques tous les sujets qui nous préoccupent aujourd’hui : la rente, l’informel, les contraintes administratives, la transparence, la traçabilité, la corruption autour des marchés publics …

Or nous continuons à nous  concentrer encore sur ces sujets, en les traitant avec les outils et les méthodes d’hier, et au mieux nous allons maintenir le statu quo dans un monde qui a basculé dans la nouvelle économie et qui évolue à une vitesse fulgurante.

Je suis sidéré quand je pense par exemple à l’épisode de l’introduction de l’ICE chez les grossistes de Derb Omar et leurs réactions à l’ère de Amazon go.

Sans un sursaut immédiat il sera trop tard et notre génération portera une lourde responsabilité devant l’Histoire.

III/ QUE FAIRE

Il est urgent de créer un cadre propice à l’innovation dans les grandes entreprises et à l’entrepreneuriat dans les activités de la nouvelle économie :

1.      les énergies renouvelables et la cleantech ;

2.      l’agritech ;

3.      l’industrie 4.0

4.      les market place et les plateformes numériques

5.      la fintech ;

6.      l’édtech

7.      la médtech et la biotech ;

Il faut d’urgence identifier et développer les facteurs clés de succès pour l’émergence d’un écosystème attractif pour les startups dans les activités disruptives.

Il faut savoir aussi que l’entrepreneuriat s’est mondialisé, et les talents se sont nomadisés  et seuls les environnements compétitifs et incitatifs attireront les meilleurs.

La compétition entre les nations ne portera plus sur le pétrole, l’armement ou la suffisance alimentaire mais sur la capacité à attirer les talents dans les activités du futur et sur ce plan même de nombreux pays d’Afrique subsaharienne ont pris de l’avance sur nous (Afrique du Sud, Kenya Rwanda, Sénégal…)

IV/ RECOMMANDATIONS

  1. Réhabilitation du capital humain:

-          accélérer la réforme de l’éducation nationale pour adapter aux exigences de la nouvelle économie les contenus, le corps professoral (les meilleurs doivent y être affectés),  les méthodes pédagogiques …. (il faut donner à nos jeunes des compétences adaptatives et des soft skills et non pas les préparer aux métiers d’hier)

-          Refonte de la formation professionnelle qui doit également privilégier les compétences requises par la nouvelle économie et devenir continue (notamment grâce au digital)  pour s’adapter aux évolutions qui vont s’accélérer

  1. Appui massif à la R&D : dans les établissements publics et dans les entreprises privées avec un accès à ces marchés pour les stratups évoluant au Maroc (voir nos propositions de mesure : le crédit d’impôt recherche dans les entreprises du privé et réforme du code des marchés publics)
  2. Investir dans les infrastructures technologiques : développer des centres de recherche  et des universités d’excellence (sur le modèle de l’Université MVI de l’OCP à Benguerir), mais aussi  investir massivement dans la 5G, l’IA, la Big Data, l’internet des objets, la blockchain pour développer des laboratoires et des expertises locales dans ces domaines et les mettre à la disposition de nos entreprises pour qu’elles puissent développer les busines model de demain
  3. Renforcement du Capital Risque pour résoudre le problème du financement de la startup innovante au Maroc : pour adresser ce segment d’entreprise non couvert par les financements classiques (premiers stades de vie de l’entreprise/innovation donc risqué), mais qui peut être très rentable avec un fort impact économique, les pouvoirs publics doivent apporter un soutien fort à l’industrie du capital risque à travers des fonds de fonds publics (à l’image d’Innov Invest de la CCG), de la garantie (à l’image de Damane Capital Risque de la CCG), de l’assistance technique et une fiscalité compétitive (voir nos propositions de mesures)

V/ PROPOSITIONS DE MESURES :

A/ Définition start-up:

On entend par start-up toute société commerciale de droit marocain, qui répond aux critères cumulatifs suivants :

  1. 8 ans d’existence ou 5 ans d’activité (le début d’activité étant justifié par le 1er dirham de chiffre d’affaires facturé et encaissé)
  2. Un chiffre d’affaires annuel ne dépassant pas 100 millions de dirhams
  3. Un modèle économique innovant selon les critères de l’OCDE définissant l’innovation  comme un nouveau produit, ou un nouveau concept, ou une nouvelle méthode de commercialisation ou de production par rapport au territoire assujetti 
  4. Un fort potentiel de croissance mesuré par une croissance de 20% en moyenne minimum sur 3 ans, les détails relatifs aux paliers de croissance étant définis par voie règlementaire.

La start-up pourra, sur sa demande, obtenir le statut de start-up en se soumettant à un processus de labélisation, dont les modalités seront précisées par voie règlementaire, et qui sera pris en charge par le Ministère de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Économie Numérique.

Le Ministère attribuera le label Start-up sur avis d’un comité de labellisation composé de la CGEM, de la CCG, des fonds d’investissement labellisés et de 3 représentants des acteurs labellisés Innov Invest. Dépendamment du domaine d’activité de la start-up, ledit comité pourra recourir à des experts métier qui émettront des avis consultatifs.

Par ailleurs, les start-up ayant été (i) incubées par des acteurs labellisés Innov Invest ou (ii) financées par des fonds d’investissement labellisés Innov Invest ou par des futurs clubs de business angels labellisés par CCG bénéficieront d’un processus de labellisation simplifié, dont les modalités seront définies par voie règlementaire.

 

B/ Mesures fiscales :

  1. Pour faciliter l’accès aux talents: système de plafonnement de l’IR sur salaire pour alléger la charge sociale des start-ups marocaines et des structures d’accompagnement (20% pendant 10 ans sur tout l’effectif)
  2. Pour motiver les entrepreneurs : mise en place d’un système de stock option clair et compétitif (fort abattement ou exonération de la plus value après un certain nombre d’année de détention)
  3. Pour inciter à l’open innovation : crédit d’impôt à hauteur de 100% des dépenses des entreprises en innovation, dans la limite de 30% de leur base imposable ou de 5% de leur chiffre d’affaires si au moins 30% des dépenses en innovation sont faites en collaboration avec des Start-ups
  4. Pour promouvoir l’investissement dans les startups :

-          Révision de la mesure fiscale de 2018 (réduction d’impôt égale au montant de l’impôt correspondant au montant de leur prise de participation dans le capital des jeunes entreprises innovantes en nouvelles technologies à concurrence de 200 Kdhs) pour la simplifier, augmenter le plafonds à 1 Mdh et l’élargir aux personnes physiques

-          Récupération ou exonération  de la TVA sur les frais de gestion des fonds de capital investissement (dans le cadre de l’équité fiscale et pour la compétitivité de la place)

C/Autres :

  1. Labélisation des Business Angels par la CCG pour un mix garantie, smart loan et assistance technique
  2. Adoption au Parlement du projet de loi 15.18 sur le crowfunding/ financement collaboratif (approuvé par le Conseil de Gouvernement le 22 août 2019)
  3. Adaptation de la loi sur la SA (SAS et instruments convertibles)
  4. Réforme du code de commerce pour des procédures de liquidation judicaires  adaptées (accélération des procédures, médiation, structures de défaisance…)
  5. Statut CFC (avantages fiscaux et offre immobilière adapté) pour accueillir les start-ups étrangères ou marocaines visant l’Afrique
  6. Lancement des discussions avec l’AMMC sur la réforme du statut OPCC (conditions, flexibilité, capital, procédure et autres) et/ou véhicules d’investissement dédiés à l’amorçage
  7. Mise en place d’un marché des capitaux secondaires pour les startups (Nasdaq marocain ou africain)
  8. Innovation Bond (mécanisme des green-bonds adapté à l’innovation)
  9. Bourse de vie pour les fondateurs (pour attirer les talents vers l’innovation et l’entrepreneuriat)
  10. réforme du CMP (art 156 du décret de mars 2013) pour réserver une part aux startups marocaines, simplification des conditions d’accès (références, cautions et avances, classification…), système de passation des marchés publics en ligne (e-GP), délais de paiement réduits, financement CCG…
  11. Création d’un Forum public privé permanent (plateforme nationale public-privée) pour le suivi du cadre institutionnel de la startup au Maroc.

Toutes ces mesures ont été présentées aux pouvoirs publics par la CGEM et je suis heureux d’avoir entendu ce matin Monsieur le Ministre de l’Industrie reprendre un certain nombre de nos recommandations lorsqu’il a donné les grandes lignes de la Charte des Investissement qui est actuellement au SGG.

Cela est un excellent présage de la prise de conscience par nos décideurs des enjeux de la nécessaire transformation de notre économie face aux mutations du nouveau siècle.

 
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